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22 morts, 63 personnes encore en détention dans les prisons civiles de Lomé, Kpalimé et Notsè.    C'est l'essentiel d'un rapport sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales publié le lundi 30 juillet 2018 par Ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH).

Ce rapport de 55 pages intitulé « La répression et la torture contre le changement démocratique.19 Août 2017-20 juillet 2018 » relève des cas de viols, de vols, d’atteinte à l'intégrité physique des personnes, d'assassinat, d'extorsion, les miliciens et tout genre d'exactions à l'encontre des citoyens.

« Le samedi 21 avril 2018 vers 22h, après une réunion familiale à Agoè Zongo, mon petit cousin, étudiant en chimie, sur insistance de son père a accepté de me déposer à la maison. Nous avions pris un raccourci par "Bernard kopé", afin de rejoindre la route nationale. À proximité de l'échangeur d'Agoè, un gendarme nous arrête. Nous nous exécutons. Je dis alors "bonsoir monsieur l'agent". Ma salutation met dans tous ses états le gendarme qui se met à me brutaliser. "Au lieu de sortir tes pièces, tu me dis bonsoir. Tu veux dire que je ne t'ai pas salué ? Tu veux me forcer à te saluer ? Regardez-moi ça. Si ce n'est pas à cause de démocratie tu allais voir". Juste après, il brutalise et met à terre mon petit cousin. Il s'empare de la moto et va la garer plus loin. C'est en ce moment que je découvre, dans l'obscurité, une cinquantaine de personnes, hommes et femmes, assis à même le sol, tenus en joug par une vingtaine de gendarmes. Ils nous intiment l'ordre de les rejoindre. Un jeune homme dans le groupe, un riverain, arrêté avec sa moto pour défaut de carte d'identité et de pièces de la moto appelle son petit frère pour lui apporter les papiers. Le petit frère arrive 10 minutes plus tard. Il fut allongé par terre et roué de coups. Ensuite on l'oblige à s'asseoir parmi nous sans ménagement. "Les civils, ils s'amusent quoi ! Au temps d'Eyadema tu vas voir ça ?", lance un gendarme. Je ne m'étais pas encore remis de mes émotions quand j'ai vu débarquer un véhicule de la gendarmerie. "Embarquez-les ! Il faut remplir le véhicule, ordonna un officier, un lieutenant probablement. On me sépara de mon petit cousin. Quand j'ai protesté, ils m'ont asséné plusieurs gifles et conduit vers le lieutenant. Ce dernier, remarquant que j'ai ma carte d'identité en main se tourne alors vers ses agents. "Ne vous ai-je pas dit de prendre uniquement ceux qui n'ont pas de carte d'identité ?". "On pensait que c'était la carte d'électeur", s'excuse un agent. Pendant ce temps, le véhicule avait déjà démarré, avec mon petit cousin à bord. J'ai demandé qu'ils me disent au moins la destination. Et pour toute réponse, je fus roué de coups et traîné de force vers la route.»

Ceci est un témoignage d’une personne ayant subi des actes d’exactions selon le rapport.

Le rapport n'a pas passé sous silence, les actes négatifs perpétrés à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme, notamment l'enlèvement de Messenth Kokodoko, la détention arbitraire de Joseph Eza, tous membre du mouvement Nubueké, ainsi que l'arrestation manu-militari du président du REJAAD en la personne de  ASSIBA Johnson.

Il est également mentionné dans ce rapport que 95% des personnes arrêtées au-cours des manifestations politiques disent être victimes de  tortures. Les cas d'assassinats dans les localités de Mango, Sokodé et de Bafilo, lors des activités des partis politiques de l'opposition dans les dites localités sont indiqué dans le rapport annuel.

En ce qui concerne les auteurs de ces violences, la LTDH identifie, les agents du  Service de Renseignement et d’Investigation (SRI), les groupes de militaires, les agents des unités de police et de gendarmerie des localités, les préfets, les hommes politiques, les milices…

Enfin, la LTDH conformément à sa mission, formule des recommandations à l'endroit des autorités pour la promotion des droits de l'homme.

Pour les organisations internationales, la ligue leur demande de coordonner les différentes enquêtes effectuées par les organisations de la société civile pour éviter la multiplicité et mener des actions humanitaires ciblées et prendre en compte les victimes recensées.

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