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Véritable gangrène sociale, le chômage est de plus en plus présent dans notre quotidien au Togo, générant un profond malaise social. Les années se suivent … et se ressemblent quasiment, la courbe poursuit inexorablement sa montée.  Tant il est difficile de se le procurer. Une réalité d’autant plus poignante que chaque annonce de vacance de poste suscite des milliers de candidatures…comme l’atteste l’Office Togolais des Recettes (OTR) indiquant que pour deux cents postes à pourvoir aux impôts et douanes à raison de cent par régie, il a enregistré le record de 25 000 candidatures.

 Renversant ! Certes à l’échelle universelle, l’emploi est devenu une ressource extrêmement rare. Le chômage frappe de plein fouet. Que l’on soit en France ou aux Etats-Unis, le sujet appelle à des réactions politiques, déchaine parfois les passions et explique, du moins en partie, la percée des nationalistes, la poussée des courants de l’extrême droite. La conjoncture économique est telle que décrocher un emploi relève plus souvent du parcours du combattant. Le Togo est donc loin de se singulariser en la matière.

Cependant, à juger par l’acuité de ce phénomène qui condamne une très forte proportion de la jeunesse togolaise à un misérabilisme ambiant, il y a bien des raisons de pointer la mal gouvernance instaurée depuis un demi-siècle par la famille Gnassingbé, de père en fils. Alors que l’Etat a lui-même démissionné, – le dernier recrutement général dans la Fonction publique remonte à 2008 -, le secteur privé est également aux abois.

Et la tendance générale est davantage à des compressions de personnel, la faute à des baisses de chiffres d’affaires et à une politique fiscale jugée trop rigide. « Trop d’impôts tuent l’impôt », avait concédé à sa prise de fonctions Sani Yaya, succédant à Adji Otèth Ayassor au ministère de l’Economie et des Finances. On pointe également du doigt une inadéquation emploi-formation. Certes,  les offres de formation doivent être repensées, mais combien de structures s’installent-elles ici sans réussir à trouver sur place de la main-d’œuvre qualifiée ?

Dans la plupart des cas, la rareté de l’emploi encourage le népotisme, le clientélisme, bref des déviances aux normes admises en matière de recrutement de ressources humaines. Pas mal de processus de recrutements n’ont de transparent que le caractère public de l’annonce des vacances de poste. Une fois les candidatures enregistrées, plus rien. Le titulaire du poste étant connu depuis, mais pas toujours l’homme qu’il faut. Adieux la méritocratie !

Aujourd’hui, l’unique parade devenue par ailleurs un slogan politique est la promotion de l’entrepreneuriat. Entrepreneuriat par-ci, entrepreneuriat par-là. C’est la recette miracle au chômage endémique. Si ce créneau n’est pas en soi une mauvaise chose, il est toutefois illusoire de chercher à combler des lacunes d’une gouvernance cinquantenaire par le recours systématique à l’auto-emploi.

Le volontariat « forcé » a également montré ses limites. Le programme « AIDE » n’est pas non plus une panacée. Et la jeunesse semble désorientée, en mal constant de repère.

Or une jeunesse désœuvrée est une véritable bombe à retardement. Faure Gnassingbé a donc tout intérêt à la replacer au cœur de ses préoccupations, de peur qu’elle n’explose.

Meursault A.

Source : Quotidien Liberté

 



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