Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
dimanche, mars 24

Politique : la C14 au pied du mur !

Engagée depuis Août 2017, dans une lutte pour « débarrasser » le Togo du régime qui le dirige depuis plus de 50 ans, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition est aujourd’hui à la croisée des chemins.

Participer aux prochaines élections ? Demeurer sur la voie des manifestations  pacifiques ou opter pour la voie conciliante ? Telles sont les multiples questions auxquelles doivent répondre les premiers responsables de la coalition.

Les limites des manifestations de rues

Au lendemain de la journée du 19 Août 2017, marquée par une manifestation du Parti National Panafricain ( PNP) violemment réprimée par les forces de  défense et de sécurité faisant des morts et des blessés, la coalition qui s’est constituée via l’appel du président du PNP  Me Salifou Tikpi Atchadam, est restée dans une dynamique de contestation. Ceci par une stratégie qui consistait à mettre debout de façon spontanée toutes les villes du pays de manière pacifique et fréquente afin d’amener le régime de M. Faure Gnassingbé à satisfaire aux revendications de la C14 ou de libérer le plancher. Malheureusement, l’encrage du régime militaro-clanique (démocrate), et la perche du dialogue comme toujours tendue à la coalition a permis d’essouffler progressivement cette démarche. De plus, la spontanéité tant souhaitée n’était pas au rendez-vous, ajouté au dédain affiché par une bonne majorité des populations à l’égard de la chose politique malgré sa soif d’alternance.

Le coup fatale des législatives du  20 décembre 2018

Après de nombreuses manifestations d’envergure, le pouvoir de Faure Gnassingbé se sentant coincé fit appelle à la Communauté Économique Des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) pour jouer le rôle de médiateur dans la crise togolaises. Le dialogue initié par l’instance sous régionale et conduit  par les présidents Nana Akufo-Ado du Ghana et Alfa Condé de la Guinée a accouché d’une feuille de route le 31 juillet 2018 lors d’un sommet ordinaire de la CEDEAO tenu à Lomé. Malgré sa non satisfaction par rapport aux point contenu dans le dit document, la C14 s’est dit prête à œuvrer pour son application. Malheureusement, la volonté affichée de cette alliance contre nature regroupant plusieurs courants politiques s’est une fois encore heurtée à l’envie féroce du clan Gnassingbé qui ne veut rien céder. Ainsi,  les réformes préconisées par la feuille de route et proposées par un expert constitutionaliste Sénégalais n’ont pas été adoptées au parlement à cause d’un manque criarde de consensus entre les différents protagonistes. Comme à son habitude, l’oligarchie au pouvoir s’est arc-boutée sur la date du 20 décembre 2018 pour organiser les législatives auxquelles l’opposition n’a finalement pas participé estimant comme la plus part des Togolais (OSC, confessions religieuses et autres…) que les conditions optimales pour l’organisation d’une élection plus ou moins transparente n’étaient pas réunies. Jouant toujours sur le terrain de légalité, le pouvoir est allé au bout de sa logique avec les législatives du 20 décembre 2018 qui lui ont permis de mettre hors de sa voie les partis parlementaires membres de la coalition. Ce qui lui ouvre un boulevard devant pour la réalisation des réformes à sa guise. La c14 qui avait prévue empêcher les dites consultations électorales, se retrouve actuellement au pied du mur. Aucune de ses revendications de départ (le retour à la constitution de 1992, les réformes électorales et le droit de vote de la diaspora) n’ont été satisfaites. Le comble, elle ne pourra plus peser sur le débat parlementaire, ni s’opposer à une proposition de réformes venant du camp de la majorité.

Le piège des élections locales

Après  tout ce tintamarre au tour des réformes sans pouvoir les réaliser, le  pouvoir de Faure Gnassingbé annonce des élections locales avant fin Juillet 2019. Cette annonce des élections semble être l’os nouveau envoyé par le pouvoir dans la sphère politique en vue de détourner l’attention de la coalition de ses revendications basées sur les réformes et qui demeurent une aspiration profonde du peuple togolais. Déjà des voix s’élèvent pour la participation de l’opposition (C14) à ces élections locales vu les conséquences désastreuses du boycott des législatives passées.

La coalition ira-t-elle aux élections locales sans l’obtention d’aucune de ses revendications ?

Vous pouvez réagir en commentaire !

About Author

Elom ADABE

Rédacteur en chef du site Togomedia24

Laisser une réponse