Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
mercredi, octobre 16

Serial : redynamiser la Fonction publique et les Sociétés d’État

Redynamiser la Fonction Publique et les Sociétés d’État : Une étape cruciale

La fonction publique togolaise et les sociétés d’État n’ont pas été épargnées par la gouvernance médiocre qu’a connue le Togo ces dernières décennies. Elles sont minées voire gangrénées par plusieurs maux dont l’incompétence, l’usage de faux diplômes, le laxisme, la corruption, le clientélisme, l’abus d’autorité, l’irresponsabilité et surtout le détournement des ressources matérielles et financières de l’État à des fins personnelles et partisanes.

Avant d’aller plus loin, il est important de rappeler que la chose publique nous appartient à tous. Donc, le constat présenté ci-dessus doit ou devrait nous interpeler tous. Et s’il est vrai qu’il y a eu et qu’il y a encore des manquements graves dans la gestion de la chose publique, nous devons avoir le courage de reconnaître que les responsabilités de cette mauvaise gouvernance sont partagées, qu’on le veuille ou non.

D’une part, les gouvernants ont failli dans leur mission de gérer correctement nos biens communs. Mais, d’autre part, les citoyens aussi en tant qu’individus ou regroupements d’individus ont également failli dans leur mission de contrôler l’action publique. Il est peut-être opportun de noter que la peur que suscite jusque-là l’implication des uns et des autres dans le débat public en a dissuadé plus d’un. Cependant, cela ne suffit pas pour justifier entièrement l’indifférence notoire du Togolais face la mauvaise gestion de ses biens.

Cela étant, nous, en tant que fils et filles du même pays, devons ou du moins devrions nous sentir concernés. C’est non seulement notre droit, mais aussi notre devoir de nous impliquer à tous les niveaux et à faire en sorte que notre bien commun, le Togo soit géré d’une manière responsable, équitable et juste. Et comme dirait l’autre, le Togo nous appartient à tous sans exception de notre lieu de résidence ou de notre appartenance ethnique, politique, associative ou religieuse.

Par ailleurs, il nous revient à tous de nous investir, de nous préparer à prendre nos responsabilités face à l’histoire, afin de refonder notre cher pays, le Togo, sur des bases saines et recommandables dans le but de veiller à une gestion plus rigoureuse de nos ressources communes.

En d’autres termes, dire que nos gouvernants ont failli ne suffit pas. Après ce constat amer, il nous faut nous assurer que les mêmes erreurs ne se reproduisent pas indéfiniment. Cela implique une prise de conscience individuelle et collective qui pousse chacun de nous à un engagement ferme et à un dépassement de soi, afin de bâtir ensemble un Togo dont nous serons tous fiers. Et bien au-delà de la recherche de la satisfaction des besoins élémentaires et immédiats de nos populations, nous devons travailler ensemble et sans relâche pour faire briller le Togo comme l’or de l’humanité.

À cet effet, notre défi sera d’une part de repenser une administration publique efficace, efficiente et véritablement au service du contribuable togolais, de mettre fin à la corruption, au clientélisme et à l’arbitraire qui y règnent; d’autre part de restructurer les sociétés étatiques et d’assurer que leurs dividendes soient effectivement versés au trésor public et servent à financer les programmes de l’État destinés à assurer le bien-être et le mieux-être de nos populations togolaises. 

Nous aurons réussi ce pari, lorsque nous parviendrons à mettre sur pied une fonction publique et des sociétés étatiques dynamiques et performantes axées sur la qualité des produits et services et les résultats opérationnels et financiers selon le cas, dans le respect scrupuleux de la dignité humaine et de la protection de notre environnement.

Quelle vision pour mettre les services publics au profit du contribuable ?

Ayant traité de la nécessité de redynamiser la fonction publique togolaise et les sociétés d’État dans l’article précédent, il est ici question de la vision qui permettrait de mettre effectivement les services publics au profit du contribuable togolais.

C’est évidemment absurde qu’il faille considérer une telle question une soixantaine d’années après l’indépendance politique de notre pays. Mais, la problématique est bel et bien là et nous ne pouvons pas feindre de l’ignorer.

En effet, la situation générale qui prévaut dans notre pays fait en sorte que le contribuable togolais semble vivre sur un territoire de non droit où il ne bénéficie pas adéquatement de ses contributions à l’économie de son pays. Il est d’autant plus aberrant de souligner une telle réalité, lorsque l’État togolais ne cesse d’augmenter ou de multiplier les taxes sur les services et les produits.

Par-dessus tout, le plus dramatique ou plutôt le plus pathétique, c’est de constater que dans la conscience collective de l’écrasante majorité des Togolais, les réalisations de l’État des plus excellentes aux plus médiocres découleraient de la générosité personnelle du Président de la République.

En d’autres termes la construction des infrastructures et la fourniture des services aux citoyens togolais relèveraient de la bonté d’un seul homme à qui appartiendraient toutes les ressources publiques du Togo.

Ce mythe incroyable et rocambolesque au 21e siècle ne date malheureusement pas d’aujourd’hui. Ce fut déjà ainsi sous le règne du feu Général Gnassingbé Eyadema et cela n’a fait que se perpétuer sous son fils, Faure Gnassingbé.

Évidemment, ce manque de réalisme qui enchaîne la conscience collective de notre pays depuis plusieurs décennies est l’une des causes qui sous-tendent et entretiennent la mauvaise gestion et le laxisme observés dans la disposition des ressources et des biens de notre pays. Cela justifie également l’absence de reddition de comptes, qui constitue l’un des piliers d’une bonne intendance de la chose publique.

Face à une telle réalité erronée, ce ne serait pas exagéré d’affirmer la nécessité d’une vision nouvelle qui replace les choses dans leur contexte normal et universel. Cette vision consisterait, d’une part, à reconnaître de plein droit la population active togolaise comme étant effectivement responsable de la création de richesse dans notre pays. Et d’autre part, à considérer le contribuable togolais comme étant un bénéficiaire légitime et non un quémandeur des biens et des services de l’État.

En termes clairs, il s’agit de recruter, de former et de sensibiliser les agents publics de l’État togolais à reconnaître la place primordiale qu’occupent ceux et celles qu’ils ont le privilège de servir. En effet, il s’agit d’un privilège qui doit être perçu, respecté et honoré comme tel.

Ainsi, les anomalies, signalées de part et d’autre concernant des agents qui se prennent pour des maîtres au lieu de jouer pleinement le rôle de serviteurs du citoyen qui leur incombe en réalité, seront corrigées pour redonner à notre pays un air mais aussi un sens de normalité.

Comment enrayer la corruption et les détournements de fonds publics ?

 Avant tout, c’est très déplorable de constater le niveau élevé de corruption et de détournements de fonds publics qui prévaut dans notre pays. Ensuite, c’est encore plus déplorable de réaliser à quel point notre pays, dont la devise est Travail – Liberté – Patrie, baigne dans une corruption ambiante ponctuée de détournements de fonds spectaculaires les uns après les autres (ne serait-ce que ceux qui sont connus du public).

Le plus étonnant et qui plus est incompréhensible, c’est le fait que les personnes impliquées dans ce genre de malversations ne semblent pas du tout inquiétées. Et le plus déconcertant, ce sont les organes créés qui sont sensés lutter contre ces fléaux, mais qui se révèlent impuissants, inefficaces voire incapables de remplir leur mission.

Disons-nous la vérité, ce n’est pas normal que des individus qui n’ont fait que travailler comme des fonctionnaires de l’État puissent devenir des milliardaires au cours de leur fonction, alors qu’ils n’étaient pas connus comme tels ou encore moins des hommes d’affaires avant leur entrée en service.

Ce n’est pas non plus normal que l’on crée des structures visant à lutter contre les crimes économiques qui paraissent plus comme de la décoration administrative que de véritables organes de lutte contre la corruption et les détournements de fonds. Et ce, pendant que notre pays s’effondre sous le poids de dettes colossales contractées sur le dos du contribuable togolais dont la pauvreté et la misère sont le lot quotidien.

Faire décoller le Togo et le faire briller comme l’or de l’humanité implique la nécessité de déclarer la corruption et les détournements tous azimuts comme des ennemis publics de l’avenir de notre nation et de sa jeunesse, de les combattre vigoureusement jusqu’à les enrayer définitivement de notre vécu quotidien. Pour y parvenir, il sera important d’agir à la fois en amont et en aval.

En amont :

Sur le plan moral, il faudra :

  • Cultiver l’amour du travail, de la liberté et de la patrie conformément à notre devise auprès de toutes les couches de nos populations et ce dès le bas-âge ;
  • Enseigner et inculquer les valeurs telles que l’honnêteté, l’intégrité, l’altruisme, le dépassement de soi ;
  • Éduquer et conscientiser toutes les couches de nos populations et ce dès le bas-âge contre l’appât du gain facile et la possession de biens mal acquis.

Sur les plans légal, opérationnel et technique, il faudra :

  • Revoir et renforcer, selon le cas, les lois existantes en matière de lutte contre la corruption, les détournements de fonds et le blanchiment d’argent ;
  • Adopter les dispositions nécessaires pour assurer la traçabilité des transactions financières, notamment celles portant sur des sommes importantes à partir d’un seuil ou d’une fréquence donnés ;
  • Obliger les institutions financières opérant sur le territoire à faire une vérification systématique de la validité et de la légalité de tout ordre de dépôt ou de retrait émis par un client, incluant les transactions destinées ou en provenance de l’étranger ;
  • Obliger les institutions financières à bloquer toute transaction suspecte et à alerter les autorités compétentes dans les plus brefs délais ;
  • Instaurer un système centralisé d’échange de renseignements relatifs aux clients et aux transactions, ce qui permettra aux différentes institutions financières de faciliter les procédures de vérification et de validation des transactions ;
  • Établir une limite de la valeur monétaire des dons en espèce ou en nature, des services et des privilèges qui peuvent transiger d’un individu à l’autre dans certaines circonstances ;
  • Exiger des vendeurs d’équipements, de meubles et d’immeubles d’effectuer une vérification systématique des sources de revenus auprès des institutions financières de leurs clients avant de conclure toute transaction à partir d’un montant donné.

En aval :

Sur le plan administratif et juridique, il faudra :

  • Instituer une enquête de moralité et une évaluation périodique des biens avant l’embauche, la nomination ou la promotion à des postes de responsabilité, pendant et sur une période variable de 5 à 15 ans après le départ de ladite fonction.
  • Procéder à des contrôles sporadiques et inopinés dans différents services de l’État pour relever les cas de corruptions ou de rackets et pour appliquer la loi contre les individus, les services et les institutions qu’y sont impliquées.
  • Mettre en place une institution indépendante d’audit et d’investigation ayant les pleins pouvoir pour élucider les cas de fraudes, de corruptions et de détournements de fonds, pour traduire les auteurs, les complices et les commanditaires devant les tribunaux compétents et pour veiller à ce que les dispositions légales en la matière soient effectivement et efficacement appliquées.

Au-delà de toutes les mesures qui viennent d’être énumérées, il est important de souligner la nécessité d’un profond changement des mentalités pour effectivement venir à bout des maux que sont la corruption et les détournements de fonds publics. En effet, dans la conscience collective de notre pays, atteindre le statut de riche semble être le rêve de la majeure partie de nos concitoyens. C’est tout à fait compréhensible quand on sait qu’une grande partie de nos populations baigne dans la pauvreté et la misère. Il serait donc capital de mettre l’accent sur les avantages de gagner honnêtement sa vie et sur l’importance d’acquérir ses biens par ses propres efforts dans le respect de la chose publique, des droits d’autrui et des lois de son pays.

Que faut-il pour une administration publique performante au Togo ?

 Au-delà de son caractère actuel et pertinent, cette question s’impose à nous de façon urgente. En effet, la fonction publique togolaise au lieu d’être efficacement au service du contribuable semble être plutôt un conglomérat de petits chefs ou de monarques.

Loin d’être une exagération, il serait bénéfique pour tous et surtout pour la nation de reconnaître que dans presque toutes les sphères de notre administration publique, il y a des agents de l’État qui ont transformé la petite portion d’autorité qui leur est dévolue en une royauté dont l’implication directe se trouve être la négation ou la négligence du service normalement dû aux citoyens togolais.

Plus grave encore, nos frères et sœurs qui se rendent ainsi coupables de manquements à leurs devoirs civiques et professionnels pensent qu’ils n’ont pas de compte à rendre à qui que ce soit.

À cette perception hautement erronée de leurs attributs, rôles et missions, il faut ajouter le manque d’assiduité et de ponctualité sans oublier dans certains cas le recours à de faux diplômes pour justifier leur embauche.

Au vue de ce qui vient d’être dit, il n’est pas difficile de voir qu’une transformation profonde de l’administration publique serait une étape cruciale, afin de placer ou de replacer le citoyen togolais au cœur de sa mission première.

La portée d’une telle transformation s’étendra d’une part à améliorer sa performance et d’autre part à assurer qu’elle passe du goulot d’étranglement pour la productivité qu’elle représente actuellement à un véritable catalyseur du décollage socio-économique de notre cher pays, le Togo.

À cette fin, il serait important d’intervenir à plusieurs niveaux.

  • En premier lieu, il faudra redéfinir la mission, les objectifs et la structure de la fonction publique togolaise.
  • En deuxième lieu, il faudra établir les politiques nécessaires pour garantir la sélection, la formation et l’évaluation périodique de ses agents.
  • En troisième lieu, il faudra évaluer, améliorer et automatiser, dans la mesure du possible, les processus et les procédures de travail.
  • En quatrième lieu, il faudra réviser à la hausse la rémunération et les conditions de travail, afin d’offrir un cadre propice à un rendement élevé, conformément à l’ambition de faire briller le Togo comme l’or de l’humanité.

La finalité de la transformation dont les grandes lignes viennent d’être énumérées sera de garantir un service prompt, courtois, équitable et de qualité au citoyen togolais, quels que soient son rang, son statut social ou son appartenance ethnique, politique, associative ou religieuse. Car après tout, l’administration publique est faite pour le citoyen et non le citoyen pour l’administration publique.

Print Friendly, PDF & Email

About Author

Redaction TM24

Pour vos articles, reportages, Contact Togomedia24 +228 91 06 25 88 / togomedia24@yahoo.com

Laisser une réponse